Cercle littéraire – Solea de Jean-Claude Izzo
Note à propos du roman Solea de Jean-Claude Izzo que le cercle va discuter le 15 novembre.
Toujours irrésistible, ce Montale. Et trop tendre pour survivre indéfiniment. Toutes les femmes, comme vous savez, tombent amoureux de Fabio et lui amoureux d’elles, peu importe qu’il se trouve au tournant de l’âge mûr sur la pente de la vieillesse. Au moment où nous en sommes, il a perdu tous ses jeunes amis à la mort ou de vue. Heureusement qu’il y a encore quelques vieux amis par-ci par-là, de bonnes choses à manger et davantage de bonnes bouteilles à boire. Admettons-le, il faudrait avoir un estomac defer pour boire comme le font ces gens-là, Fabio en particulier, et la tete solide pour fonctionner à peu près bien. Ce qui n’est pas le cas, comme nous finissons par nous rendre compte, d’autant plus qu’il n’est pas question d’un crime “ordinaire” mais de toute une organisation criminelle. Aussi voyons-nous qu’on n’échappe pas à la mafia dont le bras est long et la volonté aussi ferme qu’invincible. Fabio a beau, pour une fois, se décider de tuer — de tuer l’assasin de ses amis — il est loin d’arriver à buter le monstre, cette saloperie de mafia. Et l’odeur de la mort qui enveloppe le roman tout entier finira par empoisonner Fabio lui-meme. La belle femme qu’est Marseille, si séduisante soit-elle, perd un peu de son charme sous ce nuage de la mort.
Raymond Lemieux
